Calligraphie vocale

Votre voix tient le pinceau : elle peint à l’encre de Chine sur une feuille de papier de riz, pendant que le pinceau se promène librement d’un bord à l’autre.


Vue d’ensemble

Calligraphie vocale pose une feuille crème sur une table sombre. Le pinceau s’y promène tout seul, comme un petit animal dans un enclos : il prend des virages au hasard, fait demi-tour avant les bords et file de préférence vers le papier encore vierge. Dès que vous parlez ou chantez, il descend sur la feuille et peint sa route. Vous pouvez enregistrer la feuille en image à tout moment ou en prendre une nouvelle.

La hauteur de la voix écarte le pinceau de sa route, d’un côté pour les notes aiguës, de l’autre pour les graves : un glissando dessine une vague le long du chemin. Le volume appuie le trait. Un souffle l’assèche jusqu’à ne laisser que des poils séparés. Quand vous vous taisez, le pinceau ne s’arrête pas net : il s’effile en pointe, puis se lève et se recharge en encre.

Peindre avec la musique

Un second mode confie le pinceau à la musique. Elle peut venir du micro, si un morceau passe dans la pièce ou si quelqu’un joue d’un instrument, ou d’un fichier audio importé (ou glissé sur la page), qui est alors joué et analysé directement. Le volume appuie le trait, les sons brillants écartent le pinceau d’un côté et les sons sourds de l’autre, chaque coup de batterie laisse une tache ou un nœud d’encre, et le pinceau se recharge en rythme. Le passage d’un mode à l’autre se fait sur l’écran d’accueil, avec le bouton note de musique de la barre d’outils ou avec la touche M.


Fonctionnalités

  • La hauteur règle la position : la plage s’adapte à votre voix en continu, sur les notes que vous avez chantées ces dernières secondes. Une voix grave et une voix aiguë font des écarts de la même ampleur.
  • Le volume règle la pression : un murmure laisse un fil, une voix forte un trait large et noir. Les silences très courts entre deux syllabes gardent le pinceau posé et relient les mots par un filet, comme en cursive.
  • Le souffle assèche le pinceau : un « hhh » ou un « sss » donne un trait sec, strié, où le papier apparaît entre les poils.
  • Une attaque nette fait une tache : un « ta ! » ou un claquement dépose une goutte d’encre au départ du trait, parfois avec quelques éclaboussures.
  • Une note tenue fait diffuser l’encre : le trait s’élargit, l’encre ne s’épuise plus et un halo gris s’étend lentement dans les fibres du papier.
  • Une encre qui s’épuise : au fil d’un long trait, le pinceau se vide et les poils commencent à sauter. Il se recharge à chaque fois qu’il se lève.
  • Neuf encres et des couleurs automatiques : on choisit l’encre dans le panneau du pinceau, ou on active « Couleurs auto » avec un délai en secondes. L’encre change alors au hasard à chaque délai, et le pinceau passe d’une couleur à l’autre en fondu, au milieu du trait s’il le faut. La taille du pinceau se règle avec le curseur de la barre d’outils, qui se cache d’elle-même après trois secondes.
  • Export PNG avec sceau : à l’enregistrement, un sceau rouge aux initiales QS est apposé en bas à droite de la feuille.
  • Une feuille à la taille de l’écran : en fenêtre, en plein écran ou sur téléphone, la feuille prend la forme de l’écran. Si vous passez en plein écran en cours de route, elle s’agrandit autour de ce qui est déjà peint, sans rien perdre.

Sous le capot

Le pinceau est une touffe de 44 poils. Chacun dépose sa propre trace avec sa charge d’encre, sa largeur et ses manques, qui apparaissent quand il est sec. Les poils se regroupent en mèches quand le pinceau s’assèche, la pointe traîne un peu derrière le ventre, et un ressort amorti donne à la main un peu d’inertie : les hauteurs de la voix deviennent des courbes au lieu d’une ligne brisée. Le dessin s’accumule sur un calque qu’on ne redessine jamais, chaque image ajoute seulement le bout de trait du moment.

Le micro est analysé à chaque image : niveau en décibels avec une porte de bruit qui s’adapte au bruit de la pièce, hauteur par l’algorithme YIN, platitude spectrale pour reconnaître le souffle, flux spectral pour les attaques. L’eau de l’encre est simulée sur une grille au quart de la résolution : elle s’étale, teinte le papier et s’évapore en une à deux secondes. Le papier lui-même est fabriqué à l’ouverture de la page (fibres, grain, nuages, vignettage), sans aucune image. Rien n’est enregistré ni envoyé : seul le dessin reste, dans la page.

L’application ne produit aucun son : le pinceau peint en silence, et la voix du micro n’est jamais renvoyée vers les haut-parleurs.


Contrôles

Touche / gesteAction
VoixPeindre : hauteur, volume, souffle, attaques, notes tenues
EspaceFaire prendre un virage au pinceau
NNouvelle feuille
SExporter la feuille en PNG (avec le sceau)
1 à 9, CChoisir une encre, passer à la suivante
MPasser du mode voix au mode musique
AActiver ou couper les couleurs automatiques
+ et –Pinceau plus gros, plus fin
Barre d’outilsNouvelle feuille, encres et couleurs auto, taille du pinceau, export, plein écran
Bouger la souris ou toucher l’écranFaire réapparaître la barre d’outils

Stack technique

  • Vanilla JS en modules ES6, aucune dépendance, aucun build, aucune police externe
  • Web Audio : micro sans traitement vocal, AnalyserNode, détection de hauteur YIN, platitude et flux spectral
  • Canvas 2D : papier procédural, pinceau à poils, calques fusionnés en multiplication
  • Diffusion de l’encre simulée sur une grille de flottants, export PNG à la résolution de la feuille

Cas d’usage

On peut y lire une phrase à voix haute et regarder son intonation se changer en écriture, chanter une gamme pour écarter peu à peu le pinceau de sa route, ou tenir une note jusqu’à ce que l’encre boive le papier. Deux personnes qui disent la même phrase ne laissent pas la même feuille. Celle qu’on préfère s’enregistre en image, signée du sceau.

Un souffle, un trait sec. Une note tenue, une tache qui boit le papier.


Expérience précédente

Expérience suivante

Autres expériences